12 janvier 2026
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) structure désormais tout projet immobilier en France. Il conditionne la mise en location, influence la négociation d’un bien et encadre des obligations réglementaires précises pour les propriétaires et bailleurs.
Depuis le 1er janvier 2026, une modification du mode de calcul est entrée en vigueur. Elle concerne les logements utilisant l’électricité. Cette évolution peut entraîner un changement de classe énergétique sans travaux réalisés.
Il ne s’agit pas d’un détail technique. Dans certains cas, cette réforme modifie immédiatement la situation juridique d’un logement.
Repères essentiels : comprendre précisément l’évolution du DPE en 2026
La réforme repose sur l’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal Officiel [1]. Ce texte modifie les annexes réglementaires qui encadrent la méthode de calcul du DPE.
Le DPE ne mesure pas uniquement la consommation réelle d’un logement. Il applique une méthode conventionnelle qui convertit l’énergie consommée en une valeur réglementaire appelée énergie primaire.
C’est cette valeur qui détermine la classe énergétique du logement, de A à G.
L’arrêté prévoit qu’à compter du 1er janvier 2026, la manière de convertir l’électricité dans ce calcul évolue. Tous les DPE réalisés à partir de cette date intègrent automatiquement cette nouvelle règle.
Les diagnostics déjà réalisés restent valables dans leur durée légale. L’arrêté précise toutefois que les DPE concernés peuvent être actualisés sans nouvelle visite si le logement entre dans le périmètre de la réforme.
Comprendre les effets de la réforme sur la situation d’un logement
Une évolution du calcul, pas une amélioration du bâti
La réforme ne modifie ni l’isolation, ni les fenêtres, ni les équipements de chauffage. Le logement conserve les mêmes caractéristiques techniques.
Ce qui évolue, c’est l’intégration de l’électricité dans le calcul réglementaire. Le site officiel de l’administration explique que cette adaptation vise à aligner la méthode de calcul avec les valeurs européennes et à mieux refléter la réalité énergétique actuelle du parc français [2].
Cela signifie qu’un appartement chauffé à l’électricité, classé G en 2024, peut être classé F en 2026, sans travaux. La qualité thermique du bien reste identique, mais son classement réglementaire peut évoluer.
Depuis le 1er janvier 2026, tous les DPE nouvellement réalisés intègrent automatiquement la nouvelle méthode de calcul. Les diagnostics déjà établis restent valables pendant leur durée réglementaire. Toutefois, si un logement est chauffé à l’électricité et que son DPE a été réalisé après le 1er juillet 2021, il peut faire l’objet d’une mise à jour sans nouvelle visite du diagnostiqueur. Cette mise à jour repose sur les données déjà enregistrées dans la base nationale et peut entraîner une modification de la classe énergétique
Pourquoi cette évolution peut débloquer une situation
La réglementation française prévoit une interdiction progressive de location des logements les plus énergivores. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location en France métropolitaine. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028, puis les logements classés E à partir de 2034.
Ces interdictions s’appuient directement sur la classe énergétique figurant sur le DPE, qui est juridiquement opposable. Cela signifie que la lettre obtenue ne constitue pas une simple indication : elle détermine concrètement la possibilité ou non de louer le bien.
Dans ce contexte, un changement de classe peut avoir un effet immédiat. Si un logement passe de G à F, il redevient louable jusqu’à l’échéance suivante fixée par la loi. Il ne s’agit pas d’une dérogation, mais d’une conséquence directe de son nouveau classement réglementaire.
Cette évolution peut permettre à un propriétaire de retrouver temporairement la possibilité de louer son bien, d’organiser les travaux nécessaires dans un calendrier plus maîtrisé ou d’attendre une décision collective en copropriété. Elle ne modifie pas les obligations futures, mais elle peut transformer une interdiction immédiate en délai d’adaptation [3].
Impact sur une vente
La classe énergétique influence fortement la manière dont un bien est perçu par un acheteur. Lorsqu’un logement est classé F ou G, il est considéré comme une passoire énergétique. Cela signifie qu’il sera concerné par des interdictions progressives de location et qu’il nécessitera des travaux pour améliorer sa performance.
Pour un acquéreur, cette situation peut représenter :
- un coût supplémentaire à prévoir,
- un risque lié aux futures obligations,
- une incertitude sur le calendrier des travaux.
Si un logement sort des classes F ou G grâce à l’évolution du calcul, il n’est plus immédiatement associé à une interdiction prochaine. Il reste parfois énergivore, mais il ne présente plus une contrainte réglementaire urgente.
Dans une négociation, cette différence peut être importante. Un bien classé G peut entraîner une baisse de prix liée aux travaux à réaliser rapidement. Un bien classé F ou E laisse davantage de temps pour anticiper les améliorations.
La réforme ne change pas l’état du logement, mais elle peut modifier la perception du risque et la discussion autour du prix.
Impact pour un acquéreur
Un acquéreur doit désormais vérifier la date du DPE. Un diagnostic réalisé avant 2026 peut afficher une classe différente s’il est actualisé.
Il convient donc d’examiner :
- la date de réalisation,
- la classe énergétique,
- les recommandations de travaux,
- et la situation réglementaire associée.
Un DPE se lit dans son contexte. La classe énergétique ne suffit pas à elle seule pour évaluer un bien. Il est important d’examiner la date de réalisation du diagnostic, car la méthode de calcul peut évoluer, comme en 2026. Il faut également analyser les recommandations de travaux, la nature du système de chauffage, la situation en copropriété ou en maison individuelle, ainsi que les échéances réglementaires applicables. Deux logements classés F peuvent présenter des réalités très différentes : l’un peut nécessiter une rénovation lourde, l’autre seulement une amélioration ciblée. La lettre donne un repère, mais l’analyse complète du rapport permet de comprendre la situation réelle.
Conséquences sur le marché immobilier
La réforme du DPE 2026 ne modifie pas le calendrier légal déjà en vigueur. Les logements classés G restent interdits à la location depuis 2025. Les logements classés F le seront en 2028 et ceux classés E en 2034. Les obligations de rénovation énergétique demeurent donc inchangées.
En revanche, un changement de classe peut transformer la situation immédiate d’un bien. Lorsqu’un logement passe de G à F, il redevient louable jusqu’à la prochaine échéance réglementaire. Lorsqu’il passe de F à E, il sort du calendrier d’interdiction à court terme.
Cet ajustement concerne principalement certains logements chauffés à l’électricité, notamment en copropriété. Dans ces immeubles, les travaux d’isolation ou de rénovation énergétique nécessitent un vote en assemblée générale. Un reclassement peut alors offrir un délai supplémentaire pour organiser ces décisions collectives.
La réforme ne supprime aucune exigence future. Elle ne remplace pas les travaux nécessaires à long terme. Elle peut cependant éviter une immobilisation immédiate du bien, permettre une remise en location temporaire ou réduire la pression lors d’une vente.
Expérience terrain
Une cliente propriétaire d’un appartement chauffé à l’électricité m’a récemment sollicitée. Son bien était classé G en 2024. Depuis janvier 2025, elle ne pouvait plus le louer. La copropriété évoquait des travaux d’isolation, mais aucun vote n’avait été organisé. Elle se trouvait dans une situation d’attente, sans visibilité.
Après la mise à jour du DPE selon les règles applicables en 2026, le logement a été reclassé F. Le bien n’a pas changé sur le plan technique, mais sa situation réglementaire a évolué. Elle a pu remettre le logement en location et dispose désormais d’un délai jusqu’en 2028. Ce temps lui permet d’attendre la décision collective concernant l’isolation de l’immeuble. Cette situation montre que la réforme ne supprime pas les obligations futures, mais elle peut redonner une marge de manœuvre.
À retenir
- La réforme du DPE 2026 modifie le calcul applicable aux logements utilisant l’électricité.
- Certains biens peuvent changer de classe énergétique sans travaux.
- Un logement qui sort de la classe G peut redevenir louable immédiatement.
- Les échéances réglementaires restent inchangées.
- La date du DPE devient un élément déterminant dans tout projet immobilier.
FAQ
Mon DPE réalisé en 2023 est-il encore valable ?
Oui, un DPE réalisé après juillet 2021 reste valable dix ans sauf exception particulière liée à sa date précise de réalisation.
Dois-je refaire un DPE en 2026 ?
Ce n’est pas obligatoire si votre diagnostic est valide mais une mise à jour peut être pertinente si votre logement utilise l’électricité et que sa classe énergétique peut évoluer.
Un logement peut-il redevenir louable grâce au nouveau calcul ?
Oui, si le reclassement lui permet de sortir de la classe G il peut être remis en location jusqu’à l’échéance suivante prévue par la réglementation.
La réforme supprime-t-elle l’obligation de réaliser des travaux ?
Non, les interdictions progressives restent applicables et des travaux peuvent devenir nécessaires selon le calendrier légal.
Comment vérifier si mon logement est concerné ?
Il faut examiner la date du DPE le type de chauffage et la classe actuelle afin de déterminer si une mise à jour est possible.
Sources
[1] Arrêté du 13 août 2025 – Journal Officiel
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000052134589
[2] Service-public.fr – Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18446
[3] Service-public.fr – Diagnostic de performance énergétique : validité et obligations
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16096
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