Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) structure aujourd’hui tout projet immobilier en France.
Il conditionne la mise en location, influence la négociation d’un bien et encadre des obligations réglementaires précises pour les propriétaires et bailleurs.
Depuis le 1er janvier 2026, une évolution du mode de calcul est entrée en vigueur. Elle concerne les logements utilisant l’électricité. Cette modification peut entraîner un changement de classe énergétique sans réalisation de travaux.
Il ne s’agit pas d’un ajustement mineur. Dans certains cas, cette réforme modifie immédiatement la situation juridique et économique d’un logement.
Repères essentiels : comprendre précisément l’évolution du DPE en 2026
La réforme repose sur l’arrêté du 13 août 2025, publié au Journal Officiel [1].
Ce texte modifie la méthode de calcul applicable aux logements chauffés à l’électricité.
Le DPE ne mesure pas uniquement ce que consomme réellement un logement.
Il applique une méthode dite « conventionnelle » qui convertit l’énergie utilisée en une valeur réglementaire appelée énergie primaire. C’est cette valeur qui détermine la classe énergétique du logement, de A à G.
Jusqu’à fin 2025, le calcul appliqué à l’électricité reposait sur une estimation élevée de l’énergie nécessaire pour la produire. Cette méthode conduisait à pénaliser davantage certains logements électriques, même lorsqu’ils étaient bien isolés.
À partir du 1er janvier 2026, la règle de conversion évolue. Elle tient mieux compte du mix énergétique français et de la réalité actuelle de la production électrique. Tous les DPE réalisés depuis cette date intègrent automatiquement cette nouvelle méthode.
Les diagnostics déjà réalisés restent valables dans leur durée légale. Toutefois, lorsqu’un logement est chauffé à l’électricité et que son DPE a été réalisé après le 1er juillet 2021, il peut faire l’objet d’une mise à jour sans nouvelle visite. Cette actualisation s’appuie sur les données déjà enregistrées dans la base nationale et peut entraîner un changement de classe énergétique [2].
Comprendre les effets de la réforme sur la situation d’un logement
Une évolution du calcul, pas une amélioration du bâti
La réforme ne modifie ni l’isolation, ni les fenêtres, ni les équipements de chauffage. Le logement conserve les mêmes caractéristiques techniques.
En revanche, son classement énergétique peut évoluer.
un appartement chauffé à l’électricité, classé G en 2024, peut être classé F en 2026 sans travaux. Le confort reste identique. Les factures ne baissent pas automatiquement. Mais la situation réglementaire change.
Pourquoi cette évolution peut débloquer une situation
La réglementation prévoit une interdiction progressive de location des logements les plus énergivores. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués. Les logements classés F le seront en 2028, puis les logements classés E en 2034.
Ces interdictions reposent directement sur la classe indiquée sur le DPE, qui est juridiquement opposable. La lettre obtenue ne constitue donc pas un simple indicateur : elle détermine la possibilité légale de louer.
Lorsqu’un logement passe de G à F grâce à la nouvelle méthode, il redevient immédiatement louable jusqu’à l’échéance suivante. Cela peut éviter plusieurs mois sans revenus locatifs. Cela peut également empêcher une vacance prolongée du bien, avec les charges de copropriété et la taxe foncière qui continuent de courir.
Pour un propriétaire bailleur, cette évolution peut donc avoir un impact financier concret. Elle permet de conserver une rentabilité temporaire, d’anticiper les travaux dans un calendrier maîtrisé et d’éviter une décision précipitée.
En copropriété, ce délai supplémentaire peut être déterminant. Les travaux d’isolation ou de rénovation énergétique nécessitent souvent un vote en assemblée générale.
Le reclassement peut permettre au propriétaire d’attendre cette décision collective plutôt que de financer seul des améliorations partielles qui ne règleraient pas durablement la situation
La réforme ne supprime pas les obligations futures, mais elle peut transformer une interdiction immédiate en période d’adaptation [3].

Impact sur une vente
La classe énergétique influence fortement la perception d’un bien. Lorsqu’un logement est classé F ou G, il est considéré comme une passoire énergétique. Cette mention implique des travaux à prévoir et des contraintes futures.
Pour un acheteur, cela signifie :
- un budget complémentaire à anticiper,
- un risque lié aux échéances réglementaires,
- une incertitude sur le calendrier des rénovations.
Si un logement sort des classes F ou G grâce à l’évolution du calcul, il n’est plus immédiatement associé à une interdiction proche. Il peut rester énergivore, mais il ne présente plus de blocage réglementaire immédiat.
Dans une négociation, cette différence peut influencer l’analyse du prix. Un bien classé G peut entraîner une décote plus importante qu’un bien classé F ou E, même si l’écart technique reste limité.
Impact pour un acquéreur
Un acquéreur doit examiner la date du DPE. Un diagnostic réalisé avant 2026 peut afficher une classe différente s’il est actualisé.
Il convient donc d’analyser :
- la date de réalisation,
- la classe énergétique,
- les recommandations de travaux,
- et la situation réglementaire associée.
Un DPE se lit dans son contexte. Deux logements classés F peuvent présenter des réalités très différentes : l’un peut nécessiter une rénovation lourde, l’autre seulement une amélioration ciblée. La lettre donne un repère, mais le contenu détaillé du rapport permet de comprendre la situation réelle.
Cette vérification permet d’éviter une mauvaise interprétation de la classe énergétique et d’anticiper plus précisément le budget global du projet immobilier.
Conséquences sur le marché immobilier
La réforme ne modifie pas le calendrier légal en vigueur. Les échéances prévues pour 2025, 2028 et 2034 restent applicables.
Elle peut cependant modifier la situation immédiate de certains biens, en particulier les logements chauffés à l’électricité qui peuvent changer de classe énergétique sans avoir à réalisé de travaux supplémentaires.
Il est également important de rappeler qu’en cas de vente d’un logement classé F ou G, un audit énergétique réglementaire est obligatoire. Cet audit complète le DPE. Il propose un scénario de travaux en plusieurs étapes permettant d’atteindre une meilleure performance énergétique. Il ne se limite pas à constater une classe : il décrit un parcours de rénovation possible. Cette obligation demeure indépendante de la réforme du calcul.
La réforme ne remplace pas les travaux nécessaires à long terme. Elle peut cependant offrir un délai supplémentaire, permettre une remise en location temporaire ou éviter une période sans revenus dans l’attente des travaux.

Expérience terrain
Une cliente propriétaire d’un appartement chauffé à l’électricité m’a récemment sollicitée. Son bien était classé G en 2024. Depuis janvier 2025, elle ne pouvait plus le louer. La copropriété évoquait des travaux d’isolation, mais aucun vote n’avait été organisé. Elle se trouvait dans une situation d’attente, sans visibilité.
Après la mise à jour du DPE selon les règles applicables en 2026, le logement a été reclassé F. Le bien n’a pas changé sur le plan technique, mais sa situation réglementaire a évolué. Elle a pu remettre le logement en location et dispose désormais d’un délai jusqu’en 2028. Ce temps lui permet d’attendre la décision collective concernant l’isolation de l’immeuble. Cette situation montre que la réforme ne supprime pas les obligations futures, mais elle peut redonner une marge de manœuvre.
À retenir
- La réforme du DPE 2026 modifie le calcul applicable aux logements utilisant l’électricité.
- Certains biens peuvent changer de classe énergétique sans travaux.
- Un logement qui sort de la classe G peut redevenir louable immédiatement.
- Les échéances réglementaires restent inchangées.
- La date du DPE devient un élément déterminant dans tout projet immobilier.
FAQ
Mon DPE réalisé en 2023 est-il encore valable ?
Oui, un DPE réalisé après juillet 2021 reste valable dix ans sauf exception particulière liée à sa date précise de réalisation.
Dois-je refaire un DPE en 2026 ?
Ce n’est pas obligatoire si votre diagnostic est valide mais une mise à jour peut être pertinente si votre logement utilise l’électricité et que sa classe énergétique peut évoluer.
Un logement peut-il redevenir louable grâce au nouveau calcul ?
Oui, si le reclassement lui permet de sortir de la classe G il peut être remis en location jusqu’à l’échéance suivante prévue par la réglementation.
La réforme supprime-t-elle l’obligation de réaliser des travaux ?
Non, les interdictions progressives restent applicables et des travaux peuvent devenir nécessaires selon le calendrier légal.
Comment vérifier si mon logement est concerné ?
Il faut examiner la date du DPE le type de chauffage et la classe actuelle afin de déterminer si une mise à jour est possible.
Parce qu’aucun projet immobilier ne se ressemble, le formulaire ci-dessous vous permet de présenter votre situation en toute simplicité.


